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Définir une fréquence d’intervention adaptée dans un marché de nettoyage méthode et outils
Définir une fréquence d’intervention adaptée dans un marché de nettoyage : méthode et outils

Définir une fréquence d’intervention adaptée dans un marché de nettoyage : méthode et outils

Dans les marchés publics de nettoyage, la définition des fréquences d’intervention est un enjeu stratégique. Trop espacées, elles nuisent à l’hygiène. Trop fréquentes, elles augmentent inutilement les coûts. Trouver un équilibre réaliste et adapté aux usages est donc essentiel. Voici une méthode structurée pour déterminer des fréquences efficaces, soutenues par les bons outils d’analyse.

Pourquoi ajuster la fréquence d’intervention ?

Adapter les prestations au niveau de sollicitation

Tous les locaux n’ont pas les mêmes usages : un hall d’accueil ouvert au public ou des sanitaires collectifs nécessitent plus d’interventions qu’un bureau individuel utilisé deux jours par semaine.

Optimiser les coûts du marché

Des fréquences trop élevées génèrent des surcoûts et peuvent dissuader certains prestataires de candidater. À l’inverse, une sous-évaluation expose la collectivité à une mauvaise qualité de service.

Répondre aux obligations réglementaires

Dans certains cas, des normes imposent des fréquences minimales (santé, scolaire, ERP). Il est essentiel de les connaître et de les intégrer dès la définition du besoin.

Pour comprendre comment structurer un DCE adapté, consultez notre guide sur les appels d’offres publics.

Quelle méthode pour définir les fréquences ?

Étape 1 : Recenser les locaux et leurs usages

Élaborer un tableau listant les locaux concernés (par site) :

  • Type de local (sanitaire, bureau, salle de classe, hall…)
  • Superficie en m²
  • Taux d’occupation
  • Particularités (revêtements, équipements)

Étape 2 : Évaluer le niveau de salissure

Il est recommandé d’attribuer un niveau de sollicitation (faible, moyen, fort) en fonction de la fréquentation, de l’activité réalisée, et de la nature des locaux.

Exemple :

  • Sanitaires ouverts au public → sollicitation forte
  • Bureaux occupés 3j/semaine → sollicitation faible

Étape 3 : Définir la fréquence cible par type de prestation

Pour chaque local, identifier les prestations à réaliser et leur fréquence souhaitée :

  • Vidage des corbeilles : quotidien / hebdomadaire
  • Lavage des sols : quotidien / 3x semaine / hebdomadaire
  • Dépoussiérage des meubles : hebdomadaire / mensuel
  • Nettoyage des vitres : mensuel / trimestriel

Cette approche permet d’ajuster les prestations à la réalité du besoin.

Outils à utiliser pour calibrer les fréquences

Grille de fréquence par typologie de locaux

L’utilisation d’une matrice standardisée permet de proposer une base objective, modulable selon le contexte local.

Exemple de matrice :

Type de local

Fréquence lavage sols

Fréquence dépoussiérage

Fréquence sanitaires

Bureaux

1 à 2x / semaine

1x / semaine

Salles de classe

Quotidien

1x / semaine

Sanitaires élèves

Quotidien (voire 2x)

2x / jour

Hall d’accueil

Quotidien

2x / semaine

Outil de visite technique préalable

Une visite sur site permet d’ajuster les estimations. Elle doit être documentée : plans, fiches de surface, fréquence d’occupation, photos, etc.

Tableaux de correspondance tâches / fréquence / durée

Pour chaque tâche (ex. : lavage mécanisé), associer une fréquence et une estimation de temps. Cela aide à dimensionner la charge de travail pour les candidats.

Intégrer la fréquence dans les pièces du marché

CCTP et tableau de fréquences

Le CCTP doit contenir un tableau récapitulatif par site, par type de local, par type de tâche. Ce tableau peut être intégré dans une annexe ou dans le BPU/DQE.

Possibilité d’adaptation à la hausse ou à la baisse

Prévoir une clause dans le CCAP autorisant l’acheteur à ajuster ponctuellement la fréquence en fonction des événements (rentrée scolaire, crise sanitaire, travaux).

Clauses de contrôle

Indiquer que les fréquences feront l’objet de contrôles réguliers (avec grilles d’audit) pour vérifier la bonne exécution du marché.

Exemples concrets

  • Une commune a ajusté la fréquence de lavage des sanitaires selon l’heure d’affluence scolaire : 2 fois par jour sur la pause déjeuner, 1 fois le matin.
  • Un centre culturel a différencié les fréquences en fonction de la programmation : allégées en semaine, renforcées en cas d’événement.
  • Une intercommunalité a standardisé les fréquences à partir d’une visite terrain sur 12 sites et d’une matrice mutualisée.

Conclusion : ajuster plutôt que standardiser

Définir une fréquence d’intervention adaptée, c’est lier réalité du terrain, usages des locaux, exigences réglementaires et objectifs budgétaires. La méthode repose sur une analyse fine, soutenue par des outils clairs et documentés. C’est le gage d’un marché réaliste, compétitif et performant.

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